01 Déc 2008

VESOUL Ruée dans les brancards; Polémique

Le directeur du centre hospitalier dénonce une convention qui le lierait à la cafétéria de l’hôpital. La gérante Micheline Ottmann est sommée de quitter les lieux au 1er janvier.

C’est à n’y rien comprendre. Même si, il est vrai, les relations que Micheline Ottmann et son mari Pierre, gérants du kiosque de la Roseraie, entretiennent avec leur propriétaire, Pierre Roche, directeur de l’hôpital, n’ont jamais vraiment été au beau fixe.

En 2004, deux semaines après leur arrivée dans le hall d’accueil, le couple avait vu pousser une machine à café juste à côté de leur commerce. Résultat : les clients, pensant que l’engin appartenait aux commerçants, venaient se plaindre lorsqu’il était en panne. Ou prenaient une boisson chaude et s’installaient sur la terrasse de la cafétéria.

Micheline avait alors demandé au directeur s’il ne pouvait pas, faute d’enlever la machine, la déplacer un peu plus loin. Celui-ci avait refusé.

L’année dernière, excédée, la commerçante avait fait appel à la presse. Suite à l’article paru dans nos colonnes le 15 novembre 2007, Pierre Roche s’était fendu d’un courrier à la commerçante : « Je vous confirme que les distributeurs resteront positionnés dans le hall d’accueil ». Et d’ajouter : « Et aussi qu’il sera mis fin à votre contrat vous liant au centre hospitalier à compter du 31 décembre 2008. » Le couple aurait pu saisir le tribunal administratif, la machine se trouvant légalement trop près du kiosque. « Mais cela aurait pris trop longtemps. Trois ans au minimum. Et comme le nouvel hôpital allait voir le jour, on a laissé tomber», confie Micheline.

« Je ne partirai pas »

Mais voilà, l’échéance voulue par le directeur approche. Et Micheline est catégorique : « Il faudra qu’il m’expulse. Je ne partirai pas. »

Légalement là encore, il y a un couac : « Le directeur dénonce une convention qui n’existe pas », réfute la gérante, sur les conseils de son conseil Me Jean-Marc Florand, avocat à la cour d’appel de Paris (Lire par ailleurs). Depuis 2004, en résumé, les deux parties travaillent ensemble, mais dans un grand flou juridique.

Reste que trois personnes se retrouveraient au chômage plus tôt que prévu si le Kiosque de la Roseraie venait à fermer début janvier. Et côté direction de l’hôpital, comme à son habitude, Pierre Roche était injoignable pour communiquer à ce sujet.

Pourtant, des questions demeurent en suspens : pourquoi ne pas attendre simplement le déménagement de l’hôpital pour que la cafétéria quitte les lieux ?

Quant à Micheline, aurait-elle été prête à aller travailler dans le nouvel hôpital ? « Si M. Roche n’était pas le futur directeur, je déposerais ma candidature. Sinon, j’arrête là. Je ne veux plus me battre. »

Au grand dam de ses clients qui, pour la soutenir, ont signé une pétition rassemblant plus de 150 signatures, contre la fermeture du « Kiosque de l’hôpital. »

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Micheline Ottmann, gérante du Kiosque de la Roseraie : « Il faudra qu’il m’expulse. Je ne partirai pas. »

Société du Journal L’Est Républicain SA