31 Mar 2011

« Le tribunal n’a pas eu le courage de le relaxer et le condamne au minimum du minimum »

AFP Doc


Jeudi 31 mars 2011 – 13:14:10 GMT

Un principal de collège invente son agression: 6 mois de prison avec sursis

BOBIGNY (AFP) – L’ancien principal adjoint d’un collège de Pierrefitte (Seine-Saint-Denis), sérieusement blessé dans son établissement en novembre 2007, a été condamné jeudi à six mois de prison avec sursis par le tribunal de Bobigny pour avoir inventé sa prétendue agression.

 

Mohamed Abdallah, 47 ans, était poursuivi pour « dénonciation mensongère entraînant des recherches inutiles », mais il a toujours affirmé avoir été agressé dans son établissement le 10 novembre 2007 au soir.

 

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, qui avait demandé six mois de prison avec sursis lors du procès le 24 février.

 

L’avocat de M. Abdallah, Me Jean-Marc Florand, qui avait plaidé la relaxe, a estimé que cette condamnation n’était « pas acceptable ». Il a annoncé qu’il ferait appel.

 

« Il n’est pas coupable, il n’y a jamais eu cette auto-agression », a-t-il dit à l’AFP. « Le tribunal n’a pas eu le courage de le relaxer et le condamne au minimum du minimum », a-t-il déploré.

 

Lors du procès, Me Florand avait dénoncé un « dossier totalement à charge » contre son client et « une instruction brouillonne ».

 

Grièvement blessé, le principal adjoint avait été découvert par le gardien du collège Pablo Neruda, un établissement connu pour être difficile. Un couteau de cuisine avait été retrouvé sur son abdomen. La blessure, peu profonde, n’avait pas touché d’organe vital, mais M. Abdallah avait été admis en réanimation à l’hôpital dans un état grave.

 

Cette affaire avait suscité l’émoi de la classe politique. Xavier Darcos, alors ministre de l’Education, s’était rendu au chevet du principal adjoint. Le président Nicolas Sarkozy avait demandé une réunion d’urgence sur la sécurité du collège Pablo Neruda.

 

Mais en février 2008, le parquet de Bobigny avait ouvert une information judiciaire pour « dénonciation d’un crime ou d’un délit imaginaire ». Les enquêteurs soupçonnaient le principal adjoint de s’être blessé lui-même pour rentrer à la Réunion, parce qu’il aurait mal vécu la séparation d’avec son épouse et ses deux enfants.

 

Illustration(s) :

 

Mehdi Fedouach
L’ancien principal adjoint d’un collège de Pierrefitte (Seine-Saint-Denis), sérieusement blessé dans son établissement en novembre 2007, a été condamné jeudi à six mois de prison avec sursis par le tribunal de Bobigny pour avoir inventé sa prétendue agression.

 

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