06 Nov 2013

Procès fleuve, à Rouen

Un sexagénaire au lourd passé comparaît devant les assises, à Rouen, à partir du mercredi 6 novembre, pour répondre de récidives de viols et homicide involontaire, entre autres.
Le procès fleuve de cet homme âgé de 67 ans et dont la personnalité semble « bien trempée » s’annonce tellement difficile que le ballet des avocats n’a eu de cesse de changer ces dernières semaines. Pour preuve : le Parisien Me Jean-Marc Florand, célèbre conseil de Patrick Dils, cet homme innocenté du meurtre de deux enfants en Lorraine après avoir passé quinze ans derrière les barreaux, a cédé la défense de l’accusé au Rouennais, Me Jean-Sébastien Vaysse, durant les trois semaines d’audience programmées par la cour d’assises de la Seine-Maritime.
Ce procès est celui de Jean-Marie Boudin, un nom qui ne dit rien au lambda mais beaucoup aux magistrats… Il débute mercredi 6 novembre 2013, à 15h. Sans doute à huis clos : le secret des débats devrait en effet être réclamé par le pléthore de familles qui se sont constituées partie civile dans ce dossier qui se compose de… treize tomes.

Les très nombreuses accusations…
C’est bien simple : les poursuites sont à ce point nombreuses qu’il a fallu cinq pages à la chambre de l’instruction pour les consigner. Récidives de viol, agressions sexuelles, corruption de mineurs, provocation de mineur à l’usage de produits stupéfiants, séquestration, subornation de témoin, violences volontaires avec de lourdes incapacités et… homicide involontaire. Il y aurait vingt-quatre chefs de mise en examen et neuf victimes, parmi lesquelles, parfois de jeunes proches, qu’il aurait forcés à se droguer avant d’en abuser.

Une jeune fille tout juste âgée de 18 ans a été découverte morte le 11 mai 2006 dans un immeuble des Hauts-de-Rouen, rue Richard-Wagner, à la Grand-Mare. Le haut du corps marqué d’hématomes. Elle s’était retrouvée de la campagne à la ville après le divorce de ses parents. Les investigations ont établi que l’accusé, âgé déjà de 60 ans, lui avait fourni de la cocaïne. C’est lui, qui a appelé les secours mais… les légistes ont remonté le décès à six heures avant l’alerte. Il devra par ailleurs répondre du viol de cette victime », explique brièvement la Dieppoise Me Sandrine Dorange-Candelier, qui représentera sa mère à l’audience.
Interrogé, l’avocat de la défense, Me Vaysse, rappelle que son client « conteste absolument tous les faits » qui lui sont reprochés.

Déjà condamné pour l’assassinat d’un policier
La réputation de Jean-Marie Boudin le précède, devant les magistrats. C’est que, si son nom a été associé par le passé à celui de Jacques Mesrine, par exemple, c’est notamment parce que le casier judiciaire de ce taulard est émaillé de multiples condamnations prononcées par des cours d’assises et des cours d’appels. La plus significative du parcours du sexagénaire concerne l’assassinat d’un policier pour lequel le mis en cause a été sanctionné, à Évreux, dans l’Eure, en 1973, à la réclusion à perpétuité.
Proxénétisme, évasions, outrages… La liste des inculpations dont il a déjà fait l’objet est très, très, longue. Et son profil, même s’il est décrit comme fin et intelligent, est peu flatteur. Un expert-psychiatre l’affublera de la formule « personnalité pathologique de type pervers narcissique ».

En 2001, l’accusé avait bénéficié d’une libération conditionnelle, c’est ainsi qu’il vivait sur les Hauts-de-Rouen et que les faits qui lui sont reprochés aujourd’hui auraient été commis », confie une source proche de l’enquête.
À suivre, donc.