11 Août 2007

« Ni sa petite amie ni sa mère n’ont remarqué quoi que ce soit »

Le Parisien


FAITS DIVERS, samedi 11 août 2007, p. 13

L’ingénieur jugé responsable de ses actes

V.B.

 

«C’EST FRANCHEMENT une connerie. » Damien D. a confié ses remords et regrets au psychiatre qui l’a examiné. Il n’a, dit-il, pas pensé aux conséquences dramatiques de ses actes et « s’en veut ». La personnalité de ce fils unique d’une institutrice et d’un banquier devenu hémiplégique est dominée par « l’immaturité, le sentiment d’infériorité, le manque d’assurance en lui », notent les experts. Inhibé, il éprouve ainsi une « très grande difficulté à rendre compte de ses affects et de ses émotions ». Pour le docteur Daniel Zagury, les « actes commis sont certainement en relation avec la peur de la sexualité adulte et un conflit avec l’image féminine ». Elevé au sein d’un univers féminin, dominé par la très forte personnalité de sa tante, Damien D. a développé une grande timidité envers les femmes. Sa douloureuse rupture avec sa première petite amie a nourri son sentiment de frustration. Il s’est renfermé sur lui-même, en proie à des fantasmes de plus en plus violents : « J’avais besoin d’évacuer la haine que j’avais en voyant des images de plus en plus violentes » de scènes érotiques, de torture ou de meurtres (vidéos consultées sur Internet) , a-t-il expliqué.

 

Une psychothérapie approfondie

 

Pour autant, l’ingénieur n’a pas de « composante perverse » et ne souffre d’aucune pathologie mentale. Responsable de ses actes, « il est curable et réadaptable car son insertion sociale et professionnelle est bonne », disent les médecins. « Ni sa petite amie ni sa mère n’ont remarqué quoi que ce soit, relèvent ses avocats, M e s Philippe Meilhac et Jean-Marc Florand. Et après les faits, personne ne l’a rejeté car tous ses proches ont compris qu’il avait surtout besoin de soutien et de soins. » « Le sujet doit s’engager de façon durable et approfondie dans une psychothérapie », insiste effectivement le docteur Zagury. « Bien qu’incarcéré dans une unité médicale, il est évident que la demi-heure de consultation avec un psychologue par semaine ne lui permet pas de commencer la thérapie préconisée », dénoncent ses défenseurs, qui ont multiplié, en vain, les demandes de remise en liberté. A défaut, ils espèrent un jugement dans de brefs délais : « Sa place n’est pas en prison ! On a l’impression que c’est l’émoi provoqué dans cette affaire – et donc le fameux trouble à l’ordre public, pourtant censé ne plus pouvoir être invoqué en matière correctionnelle – qui justifie son maintien en détention. »

 

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