27 Fév 2014

Numan Constructions face à de graves problèmes de trésorerie

Numan Constructions jean marc florand

C’est une course contre la montre qu’effectue en ce moment même le jeune chef d’entreprise Numan Demirbas pour essayer de sauver le groupe qu’il a réussi à bâtir en quelques années seulement.

Sa société, implantée dans la zone commerciale du Petit Montmarin à Vesoul, (l’enseigne est facilement reconnaissable par tout automobiliste depuis la RN19), a réussi à se positionner comme un acteur privé incontournable dans la construction de maisons individuelles et immeubles grâce à une politique de communication omniprésente et particulièrement efficace. Jusqu’à présent la réussite de M. Demirbas passait pour incontestable, à l’image de l’immeuble fraichement terminé à côté du gymnase Jean Jaurès à Vesoul qui donne un aperçu de ses réalisations.

Cette réussite sanctionnait un parcours sans faute commencé à Jussey avec la création en 2007 de la “Maçonnerie Générale Comtoise”, spécialisée dans le terrassement, puis en 2009 de “Numan Constructions” et “la maison réfléchie”, structures dédiées à la promotion immobilière et enfin en 2012 de “Z Concept”, une société spécialisée dans les études de marché.

Mais depuis la fin de l’été 2013 la situation financière de l’entreprise présentait des signes inquiétants : l’activité a continué de tourner à plein régime mais la trésorerie a fondu comme neige au soleil.

De prime abord, cela peut sembler paradoxal mais les lois de l’économie sont ainsi faites qu’on peut mourir en bonne santé : pour financer un développement exponentiel, une entreprise a besoin de beaucoup de capitaux.

A cours de cash, Numan Demirbas s’est retrouvé dos au mur face à ses fournisseurs et à ses sous-traitants au point que lundi 17 février, une réunion d’explication s’est tenue avec les créanciers.

Dans une ambiance tendue, en présence du célèbre avocat parisien Jean-Marc Florand qui s’était chargé des invitations, M. Demirbas a proposé aux sous-traitants un moratoire de six mois le temps de trouver une solution pour reconstituer sa trésorerie.

Si quelques fournisseurs semblent accorder un délai à la société, les artisans n’ont pas voulu en entendre parler, certains ont d’ailleurs saisi la justice tout en concédant qu’un impayé leur serait extrêmement préjudiciable voire fatal.

C’est peu dire que la colère gronde chez beaucoup d’entre eux tout comme s’élèvent des voix de mécontentement parmi les clients inquiets de la tournure des événements.

Présents également à cette réunion, Jean- Claude Tupin, patron des cinémas “Majestic” et Francis Quiclet, gérant de la société “Agri compost 70” à Montigny-les-Vesoul.

Les deux hommes d’affaires, proches de Numan Demirbas, ont tenté de jouer les médiateurs mais en vain.

Il a été question qu’ils entrent au capital de “Numan Constructions” pour sauver la boite mais il se dessine au jour d’aujourd’hui que cette perspective s’éloigne.

Lâché par sa banque, le jeune patron doit impérativement trouver un relais de trésorerie dans les jours à venir car les artisans du bâtiment refusent toujours de terminer les chantiers en cours. C’est d’autant plus dommageable que des opérations sont ouvertes, selon le chef d’entreprise, à Rioz, Vesoul, Noidans-le-Ferroux, Merey- Vieilley (25), Gevigney et Quincey. Dans l’hypothèse inverse, M. Demirbas devra se résoudre à saisir le tribunal de commerce.