23 Nov 2012

« Je n’accablerai pas le prévenu, j’imagine aussi ce qu’il devra supporter toute sa vie et je n’émettrai pas le moindre jugement de valeur », déclare Me Jean-Marc Florand, avocat du père de Jonathan.

L’Est Républicain


Haute-Saône – 24 heures Haute-Saône, vendredi 23 novembre 2012, p. Haute-Saône2

Justice Sanction pénale

Accident mortel à Vesoul : le prévenu relaxé

L. M.

 

Vesoul. La vie de ce Belfortain de 21 ans, ainsi que celles de la famille Cabestan ont basculé le 18 août dernier. Alors qu’il circulait en voiture, rue du Commandant-Girardot, le conducteur s’engage lentement dans le carrefour, près du café Le Globe, pour tourner rue Gérôme. Le véhicule du Belfortain percute alors de plein fouet un motard, qui arrivait du giratoire, en amont de la rue Girardot. Ce dernier, Jonathan Cabestan, succombera à ses blessures quelques jours plus tard, au centre hospitalier de Vesoul. Il avait 24 ans.

 

« Je n’ai jamais voulu ça », témoigne, hier au tribunal correctionnel de Vesoul, le prévenu d’homicide involontaire, visiblement très affecté. « Je regrette pour votre fils », dit-il en se tournant vers la famille.

 

« Jonathan était très gentil, très ouvert », raconte son papa. « Les gens disaient toujours du bien de lui. » « Je suis anéantie », confie la maman. « Jonathan me manque énormément. »

 

« Je n’accablerai pas le prévenu, j’imagine aussi ce qu’il devra supporter toute sa vie et je n’émettrai pas le moindre jugement de valeur », déclare Me Jean-Marc Florand, avocat du père de Jonathan.

 

« Aucune peine ne pourra jamais effacer la douleur de cette perte », rappelle le procureur Jean-François Parietti, laissant au tribunal le soin d’apprécier la peine. « La conduite, c’est un bon dosage, dans le changement de direction, il ne faut pas aller trop vite, trop lentement. Ici, il n’y a pas de faute de conduite majeure, plutôt de l’inattention. Mais c’est une faute que nous avons tous faite un jour. »

 

Le jeune homme a finalement été relaxé : « La mort de Jonathan est en quelque sorte due à la fatalité », a conclu le juge Kato. « Mais gardez à l’esprit que si vous aviez fait davantage attention, vous ne seriez pas devant nous aujourd’hui ».

 

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