28 Jan 2009

Pour Maitre Florand, Ce qui est demandé, ce n’est ni plus ni moins que l’application de la jurisprudence commune, sans faveur particulière, ni défaveur

AFP Infos Françaises


Crime et délits, lois, justice, mercredi 28 janvier 2009 – 11:22 

Décision le 4 février sur la demande de remise en liberté de Karim Achoui

PARIS – La cour d’appel de Paris, qui a examiné mercredi la demande de remise en liberté de l’avocat Karim Achoui, incarcéré depuis sa condamnation le 15 décembre à sept ans de prison pour complicité dans l’évasion du braqueur Antonio Ferrara, rendra sa décision le 4 février.

 

« J’ai fait appel » de la décision de la cour d’assises de Paris « car je n’ai absolument rien à voir avec les crimes et les délits qui me sont reprochés », a expliqué Karim Achoui aux magistrats de la chambre de l’instruction, leur assurant, s’il était libéré, de se « présenter à toutes les convocations qui pourraient (lui) être faites ».

 

Une cinquantaine de personnes, proches et membres d’un comité de soutien, étaient venues soutenir l’avocat, incarcéré depuis 48 jours.

 

Alors que pas moins de huit avocats se sont succédés à la barre pour affirmer que leur client présentait toutes les garanties de représentation possibles, et qu’il avait des « chances très raisonnables » d’être acquitté en appel, le ministère public a lui requis le rejet de la demande.

 

Avoir un domicile et être père de famille n’ont « jamais empêché personne de prendre la fuite », a-t-il argué, redoutant la fuite en Kabylie du condamné, d’origine algérienne.

 

La remise en liberté de Karim Achoui, 41 ans, constituerait selon lui « un trouble majeur à l’ordre public », les faits pour lesquels il est poursuivi étant d’une « extrême gravité ».

 

« Il s’est toujours présenté. Pourquoi se déroberait-il? », lui a répondu Me Francis Szpiner.

 

Le procès en appel ne devrait pas se tenir avant 2010. Cela veut dire qu' »on lui demande de purger le quart de sa peine », alors que son cas ne sera examiné que dans 12 ou 18 mois, s’est indigné l’avocat, et surtout que la décision dont il a fait appel est « contestée et contestable »

 

« C’est le ministère public qui porte atteinte à l’ordre public » et « ne respecte pas la présomption d’innocence », a-t-il dénoncé.

 

Me Jean-Marc Florand a rappelé pour sa part qu’une remise en liberté était habituellement accordée quand un accusé qui a comparu libre à son premier procès fait appel. « Ce qui est demandé, ce n’est ni plus ni moins que l’application de la jurisprudence commune, sans faveur particulière, ni défaveur », a-t-il plaidé.

 

Quant au « risque de réitération des faits » évoqué par le parquet général, « il est assez surréaliste », s’est-il gaussé, « car en 200 ans d’administration pénitentiaire, il n’y a eu que deux évasions commandos d’une prison française », celles d’Antonio Ferrara et de Raymond Aubrac.

 

Par ailleurs, Me David Missistrano a soulevé plusieurs irrégularités dans la procédure, notamment un mandat de dépôt présumé antidaté. Il a fait part de son intention de déposer plainte pour faux.

 

Il y a quinze jours, Karim Achoui s’est vu définitivement condamné dans une toute autre affaire, l’opposant à son ex-femme pour complicité de faux. La Cour de cassation a confirmé sa condamnation à un an de prison avec sursis, 20.000 euros d’amende et cinq ans d’interdiction d’exercer la profession d’avocat.

 

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