13 Jan 2009

Joint par Reuters, Me Jean-Marc Florand, avocat du condamné, a qualifié la décision d’«insensée». «C’est la fin des révisions en matière de moeurs. Jamais on ne retrouvera un dossier où la victime s’est rétractée dans un livre de 180 pages, puis dans une audition d’une heure et demie et où elle se révèle totalement vierge, après avoir décrit des pénétrations depuis l’âge de six ans», a-t-il déclaré.

Le Journal de Québec


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Nouvelles, mardi 13 janvier 2009, p. 15

Coupable de viol malgré une «victime» vierge

REUTERS

 

PARIS – (Reuters) — Un homme condamné pour viols sur sa fille à 12 ans de réclusion criminelle, en 2001, s’est vu refuser, hier, la révision de son procès, bien que sa victime présumée dise avoir menti et soit déclarée vierge selon un témoignage médical.

 

La commission de révision des condamnations pénales juge que la rétractation de Virginie Madeira, qui a aujourd’hui 23 ans, n’est pas probante. Elle estime par ailleurs que les expertises ne permettent pas de conclure sur l’existence d’abus sexuels.

 

Ces deux points ne constituent donc pas «un élément nouveau de nature à jeter un doute sur la culpabilité du condamné», conclut la commission dans son arrêt.

 

La révision d’une condamnation criminelle définitive n’a été prononcée que six fois en France, la dernière en date au bénéfice de Patrick Dils. Condamné à perpétuité, en 1989, pour deux meurtres, il a été rejugé et acquitté en 2002.

 

Antonio Madeira, entrepreneur en bâtiment de 55 ans, avait été arrêté, en 1999, après les déclarations de sa fille, qui avait alors 14 ans, devant une camarade de classe.

 

Elle disait avoir été victime d’abus sexuels répétés de la part de son père. Virginie Madeira a publié, en 2006, un livre intituléJ’ai menti,dans lequel elle disait s’être enfermée dans un mensonge, version qu’elle a réitérée devant un conseiller de la commission de révision, pendant la contreenquête.

 

Joint par Reuters, Me Jean-Marc Florand, avocat du condamné, a qualifié la décision d’«insensée».

 

«C’est la fin des révisions en matière de moeurs. Jamais on ne retrouvera un dossier où la victime s’est rétractée dans un livre de 180 pages, puis dans une audition d’une heure et demie et où elle se révèle totalement vierge, après avoir décrit des pénétrations depuis l’âge de six ans», a-t-il déclaré.

 

Le rejet de cette demande de révision, le deuxième dans cette affaire, semble refer-mer le dossier. Le condamné n’est plus en prison, car il a bénéficié d’une libération conditionnelle après six ans de détention. Il avait saisi la commission, placée auprès de la Cour de cassation, pour obtenir un nouveau procès et une forme de «réhabilitation » judiciaire.

 

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