29 Jan 2009

Me Jean-Marc Florand rappelle la pratique judiciaire : « Un accusé libre à son premier procès doit être libre à celui en appel, sauf s’il s’est mal conduit, ce qui n’est pas le cas de Me Achoui.

Le Parisien


FAITS DIVERS, jeudi 29 janvier 2009, p. 13

Audience
La libération de Karim Achoui examinée

Geoffroy Tomasovitch

 

VESTE GRISE sur chemise blanche, Karim Achoui, 41 ans, reste fidèle à son élégance. Mais il a les traits tirés et le regard un peu éteint. Quarante-trois jours de détention à l’isolement, dont vingt de grève de la faim, ça marque un homme. L’avocat parisien, condamné à sept ans de prison pour complicité dans l’évasion de son ancien client Antonio Ferrara en 2003, salue son père, son frère et ses proches en entrant dans le box de la 5 e chambre d’instruction, qui examine sa demande de remise en liberté. Le président résume les faits et donne la parole à la défense. Pas moins de huit avocats se relaient en faveur de Karim Achoui qui a fait appel.

 

Il réaffirme son innocence

 

« Il y a des chances très raisonnables qu’il soit acquitté à ce second procès », avance Me Patrick Maisonneuve, pour qui il est impensable que M e Achoui comparaisse détenu à cette audience prévue seulement en 2010. « Karim Achoui ne s’est jamais dérobé, je vous assure qu’il se présentera devant ses juges en appel », enchaîne Me Francis Szpiner. Ancien associé de M e Achoui, Me Jean-Marc Florand rappelle la pratique judiciaire : « Un accusé libre à son premier procès doit être libre à celui en appel, sauf s’il s’est mal conduit, ce qui n’est pas le cas de Me Achoui. Nous demandons l’application de cette jurisprudence, sans traitement de faveur ni de rigueur particulière. » Affirmant que Karim Achoui n’a « jamais failli », M e Thierry Herzog plaide à son tour pour une libération sous contrôle judiciaire. Mais l’avocat général met en avant des risques de fuite, de grave trouble à l’ordre public et de réitération des faits. Il requiert un maintien en détention. « Je me présenterai à toutes les convocations, je souhaite honorer ce contrat de confiance », promet d’une voix solennelle Karim Achoui en réaffirmant être « absolument étranger » à l’évasion d’Antonio Ferrara. Décision le 3 février.

 

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LP/GAEL CORNIER.

 

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