25 Jan 2011

Me Jean-Marc Florand : « C’est la jurisprudence : mon client, qui était arrivé libre à son premier procès, doit en faire de même pour l’appel »

Le médecin condamné pour viols remis en liberté jean marc florand
L’Est Républicain


Lorraine
Région Lorraine – Ouverture Région Lorraine, mardi 25 janvier 2011, p. Région Lorraine18

Justice

Le médecin condamné pour viols remis en liberté

Eric NICOLAS

 

Joël Capobianco, qui avait comparu libre à son premier procès, avait écopé de 15 ans de réclusion criminelle

 

Joël Capobianco, ce médecin vosgien de 54 ans qui avait été condamné par la cour d’assises des Vosges, à 15 ans de réclusion criminelle, a été remis en liberté jeudi matin, suite à un arrêt de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Nancy.

 

Poursuivi pour le viol de onze adolescentes et jeunes femmes, entre janvier 1998 et décembre 2003, ce praticien de Remiremont avait été reconnu coupable pour neuf d’entre elles. Il avait décidé d’interjeter appel du verdict nancéien.

 

« Je me réjouis que la chambre de l’instruction de Nancy ait respecté la présomption d’innocence », explique Me Jean-Marc Florand, le nouvel avocat du médecin, connu notamment pour avoir obtenu l’acquittement de Patrick Dils. « C’est la jurisprudence : mon client, qui était arrivé libre à son premier procès, doit en faire de même pour l’appel ».

 

« Je suis complètement sous le choc de cette décision », explique cette jeune femme, la première à avoir déposé plainte, en juillet 2005. « Je ne comprends absolument pas. Quand il a fait sa première demande de mise en liberté, la justice avait dit qu’il était dangereux, qu’il risquait de récidiver ou de prendre la fuite… ».

 

En août 2010, cette même chambre de l’instruction de la cour d’appel de Nancy avait en effet refusé une première demande de mise en liberté de Joël Capobianco. Deux raisons avaient alors été avancées par les magistrats : le renouvellement de l’infraction et la garantie du maintien de l’accusé à la disposition de la justice.

 

« Il m’a déjà proposé de quitter la région »

 

Les juges nancéiens avaient alors rappelé qu’en juillet 1998, Joël Capobianco, qui effectuait un jogging sur une plage en Bretagne, avait agressé sexuellement une adolescente de 15 ans qui promenait son chien. Il avait alors expliqué qu’il avait été pris d’une « pulsion sexuelle ». Même discours quand, en juin 2003, il avait été interpellé au Mac Do de Nancy, en train de filmer sous la jupe d’une jeune femme, à l’aide d’un caméscope tenu au ras du sol par une bandoulière.

 

Dans leur arrêt de l’été dernier, les magistrats de la chambre de l’instruction avaient alors parlé de « pulsions irrépressibles reconnues par leur auteur », avaient noté que les deux psychiatres qui avaient examiné le médecin avaient diagnostiqué « une perversion sexuelle ».

 

Par ailleurs, les juges de la cour d’appel avaient noté qu’il ne pouvait « être raisonnablement exclu que l’accusé, qui ne manque pas de ressources intellectuelles et professionnelles pour refaire sa vie dans un autre pays, soit fortement tenté d’échapper à la justice et prenne la fuite ».

 

Selon les magistrats, l’une des récentes compagnes de Capobianco avait également indiqué qu’avant le procès d’Épinal, le médecin avait envisagé d’échapper à son contrôle judiciaire et de fuir. « Il m’a déjà proposé de quitter la région et de laisser mes enfants, pour la somme de 100 000 €, de façon à partir avec lui très loin et de façon anonyme.

 

« Tout ceci relève du pur fantasme », reprend Me Florand. « Mon client n’a ni la volonté ni les moyens de s’enfuir… ».

 

Jeudi dernier, les magistrats de la chambre de l’instruction ont cette fois jugé que Joël Capobianco présentait « toutes les garanties de représentation ». « Il a une attestation de résidence hors des Vosges et un contrat de travail », précise Christelle Dumont, secrétaire générale du parquet général de Nancy.

 

Placé sous contrôle judiciaire, le médecin ne peut sortir de France, est interdit de séjour dans les Vosges, ne doit pas entrer en contact avec les victimes. Employé comme ingénieur informaticien, il travaillera au domicile de sa compagne, dans la banlieue de Metz.

 

Note(s) :

 

eric.nicolas3@estrepublicain.fr

 

Illustration(s) :

 

Me Jean-Marc Florand : « C’est la jurisprudence : mon client, qui était arrivé libre à son premier procès, doit en faire de même pour l’appel ». Photo Alexandre MARCHI

 

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