04 Sep 2009

Me Jean-Marc Florand, avocat des parties civiles : « Audrey Vella n’a pas reçu de soutien, ni de la part de l’institution judiciaire ni de celle des services enquêteurs. »

Le Parisien


Oise, vendredi 4 septembre 2009

Aux Assises
Assassinat d’Audrey : 25 ans de réclusion

Guénaèle Calant

 

Melun – Nanteuil-le-Haudouin. La cour d’assises de Seineet- Marne, à Melun, a condamné hier Hervé Vincent-Sully à vingt-cinq ans de réclusion criminelle pour l’assassinat d’Audrey Vella, poignardée le 23mars 2007 sur son lieu de travail, au centre commercial de Claye- Souilly (Seine-et-Marne). L’avocat général, Hervé Tétier, avait requis exactement cette peine.

 

C’est très humblement que le magistrat a reconnu ce qu’avait dénoncé la veille Me Jean-Marc Florand, avocat des parties civiles : « Audrey Vella n’a pas reçu de soutien, ni de la part de l’institution judiciaire ni de celle des services enquêteurs. » Les plaintes déposées chez les gendarmes par la victime avant sa mort pour harcèlement, menaces et violences n’avaient en effet déclenché aucune procédure dans l’Oise.

 

L’avocat général a décortiqué la journée du drame ainsi que les jours précédents pour démontrer l’intention de tuer et la préméditation de l’accusé : « Hervé Vincent-Sully, accroupi, a frappé la victime quand elle était à terre. Il tenait à deux mains un couteau de boucher acheté une demi-heure avant. » Depuis plusieurs années, il harcelait son ex-compagne, obligée sans cesse de déménager. « Je suis certain qu’il a quitté son emploi en CDI pour un emploi précaire de livreur afin de la surveiller. Il habitait la Seine-Saint- Denis et s’est retrouvé à exercer à Nanteuil-le-Haudouin dans l’Oise, où habitait Audrey. »

 

Un homme « totalement tordu »

 

Me Isabelle Sulpicy, avocate de l’accusé, s’est demandé comment être « le porte-parole d’un homme qui a du mal à aimer et à s’aimer ». Elle l’a reconnu : « Il est arrogant, pinailleur, mais c’est un handicap pour lui. Il avait un besoin viscéral d’être aimé. Audrey avait choisi un autre homme, il ne l’a pas supporté. » Son autre avocate, Me Françoise Cotta, n’a pas hésité à décrire la difficulté de la tâche : « Je le brusque. Il ne m’aime pas et je ne l’aime pas. Mais je hais les suicides judiciaires. Je n’accepte pas son silence car il tronque le débat. Cela laisse un goût d’inachevé. »

 

Et de décrire un homme « totalement tordu », qui veut toujours « donner l’impression qu’il est mieux que ce qu’il est ». Pourtant, elle était pleine d’espoir : « L’esprit humain peut évoluer. Les psychiatres servent à quelque chose. »

 

Illustration(s) :

 

(DR.)
Audrey Vella — ici une semaine avant son décès — avait déposé plusieurs plaintes chez les gendarmes pour harcèlement, menaces et violences.

 

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