01 Déc 2008

Jean-Marc Florand, avocat à la cour d’appel de Paris, défend les intérêts de Micheline Ottmann, gérante du kiosque de l’hôpital. Il explique pourquoi le directeur Pierre Roche ne peut pas s’appuyer sur la convention qui lie sa cliente à l’hôpital.

Micheline Ottmann
L’Est Républicain


VESOUL
40, VESOUL, lundi 1 décembre 2008, p. VES04

VESOUL

Polémique
« Légalement, elle peut rester »

Recueillis par E.F.

 

Jean-Marc Florand, avocat à la cour d’appel de Paris, défend les intérêts de Micheline Ottmann, gérante du kiosque de l’hôpital. Il explique pourquoi le directeur Pierre Roche ne peut pas s’appuyer sur la convention qui lie sa cliente à l’hôpital.

 

Vous dites que la convention qui lie l’hôpital au kiosque n’existe pas, pourquoi ?

 

– Ce contrat a été signé en 2001, alors que ma cliente se trouvait dans d’autres locaux, au sein de l’hôpital. En 2004, lorsqu’elle a rejoint les locaux actuels, un avenant aurait dû être signé entre les deux parties. Cela n’a pas été fait.

 

Un avenant a été envoyé à votre cliente, mais elle a refusé de signer…

 

– Oui, sur mon conseil. Cet avenant comportait des articles complètement loufoques. Ma cliente ne pouvait pas accepter les termes de ce document.

 

Depuis, elle paye une redevance à l’hôpital mais la convention qui les lie n’est plus valable. D’ailleurs, je me demande pourquoi les services juridiques de l’hôpital ont laissé cette situation perdurer. Une chose est sûre : le directeur ne peut pas légalement obliger Mme Ottmann à quitter les lieux au 1er janvier.

 

Quel est votre sentiment par rapport à cette affaire ?

 

– Ce que je ne comprends pas, c’est l’entêtement de Pierre Roche, le directeur. Cette cafétéria est utile à tout le monde : aux patients mais aussi au personnel hospitalier ! Ca ne me paraissait pas surhumain qu’il accepte que ma cliente reste jusqu’au déménagement vers le nouvel hôpital !

 

Pour moi, il règle ses comptes au lieu d’aller dans l’intérêt du service public… Il n’y a qu’à lire la pétition, signée par 150 personnes, dont des membres du corps médical, qui attestent de la qualité de cette cafétéria !

 

À part le directeur, qui avez-vous tenu au courant du dossier ?

 

– Je fais systématiquement des copies de tous mes courriers au ministre Alain Joyandet, puisqu’il est aussi président du conseil d’administration de l’hôpital.

 

J’ai aussi remis ce dossier au chef de cabinet du ministre de la Santé.

 

Dans tous les cas, j’espère que ma cliente pourra continuer à exercer sereinement son métier, qu’elle adore, jusqu’au déménagement de l’hôpital.

 

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