21 Jan 2009

Un combat juste

Le Parisien


FAITS DIVERS, mercredi 21 janvier 2009, p. 15

Justice
Achoui demande sa libération

Geoffroy Tomasovitch et Valérie Brioux

 

INCARCÉRÉ depuis le 15 décembre 2008 à Nanterre (Hauts-de-Seine), M e Karim Achoui écrit son journal de bord depuis qu’il a été condamné par la cour d’assises de Paris à sept ans de prison pour « complicité » dans la spectaculaire évasion en 2003 de son ancien client Antonio Ferrara. Son actualité d’aujourd’hui se jouera devant la cour d’appel de Paris. La chambre de l’instruction examine sa demande de remise en liberté, déposée trois jours après son emprisonnement. Pour lui, il est primordial de sortir de prison afin de comparaître libre à son second procès puisqu’il a fait appel de sa condamnation. Mais son combat est loin d’être gagné.

 

« Mettre en avant un risque de récidive, c’est n’importe quoi »

 

Selon nos informations, le parquet général a pris des réquisitions de maintien en détention. Il s’appuie sur trois principaux arguments : un risque de réitération de l’infraction mais aussi un risque de grave trouble à l’ordre public en soulignant la qualité d’auxiliaire de justice de l’avocat ; enfin, le ministère public redoute une éventuelle fuite, rappelant les attaches de M e Achoui en Algérie (où vivent deux de ses soeurs et où il dispose d’une maison familiale), mais aussi la prise de conscience de la gravité des faits par l’accusé, une fois sa condamnation prononcée. « Ces motivations sont surprenantes, réagit M e Francis Pudlowski, un des avocats de Karim Achoui. Mettre en avant un risque de récidive, c’est n’importe quoi. Par ailleurs, depuis sa mise en examen jusqu’au procès d’assises, Karim Achoui n’a jamais cherché à fuir, a respecté son contrôle judiciaire et a toujours répondu aux convocations de la justice. » Ancien associé de Karim Achoui, M e Jean-Marc Florand sera l’un des quatre avocats à plaider sa remise en liberté ce matin. « Un combat juste », résume le pénaliste parisien. Selon M e Florand, Karim Achoui doit bénéficier de la jurisprudence généralement admise qu’un accusé libre à son premier procès comparaisse libre en appel. « Nous ne demandons aucun traitement de faveur, juste l’application de la pratique judiciaire », insiste M e Pudlowski. La chambre de l’instruction peut rendre sa décision dès aujourd’hui ou la mettre en délibéré.